Nous partons sur le circuit sud du mur païen. Nous suivons le chevalet jaune. D’exceptionnelles formations rocheuses jalonnent le parcours : au départ, nous longeons le chemin de croix, pour arriver à la chapelle des Roches, la Roche du Panorama, le Maennelstein avec une belle vue sur la plaine, nous nous arrêtons un instant à la clairière de la Bloss où s’est crashé en 1992 un Airbus A320 d’Air Inter reliant Lyon à Strasbourg ; des stèles commémorent cette terrible catastrophe ; puis nous revenons par la grotte des Druides et le Beckenfels, impressionnant amas rocheux.
Après ce parcours, nous nous rendons au restaurant Saint-Léon IX pour le déjeuner.
L’après-midi nous partons côté nord du mur païen jusqu’au Stollhafen. Après cela, nous profitons d’un instant de détente pour visiter librement le site avant de reprendre le car.
Ce fut une journée radieuse avec une météo estivale pour notre dernière sortie en journée entière de l’année.
Le Mont Ste Odile fait partie d’un imposant massif qui s’étend depuis le nord-ouest de Barr jusqu’à la vallée de la Bruche. La base de ce massif est constituée de roches anciennes de granit surmontées d’épaisses couches de grès couronnées de poudingue. Situé à 763 m d’altitude, il domine la plaine d’Alsace.
Depuis les temps les plus reculés, ce promontoire avancé des Vosges est habité par les hommes. La construction du Mur Païen est une énigme. Pendant des siècles, les historiens ont hésité entre plusieurs hypothèses. Certains pensaient qu’il remontait à l’époque celte, d’autres à l’époque romaine, enceinte défensive, cultuelle, ou refuge pour les populations ?
Au Moyen-Age, le duc d’Alsace Adalric, avait à cet endroit, le Hohenbourg, une de ses résidences. Il en fit don à sa fille Odile, dont la vie est entourée de légendes, mais qui n’en est pas moins une figure historique. Elle y fonda vers l’an 680 le premier couvent de femmes en Alsace qui a pris le nom de monastère du Mont Sainte-Odile.
Elle est enterrée dans la chapelle St Jean Baptiste qui prit le nom de chapelle Ste Odile. Son culte s’est rapidement développé. Le pape Léon IX reconnut définitivement Odile comme sainte et procéda en 1049 à la dédicace solennelle de l’église.
Le couvent connu ravages, destructions, incendies. En 1854, le Mont Ste Odile devient définitivement la propriété de l’évêché de Strasbourg. Après 1920, de grands travaux de rénovation et d’agrandissements furent entrepris.
Quelques mots concernant le mur païen. Il a plus de 10 km de pourtour et est constitué de gros blocs entassés les uns sur les autres et retenus entre eux par des tenons en bois en forme de queue d’aronde ; il a encore aujourd’hui à certains endroits 3 m de hauteur et 2 à 2,50 m d’épaisseur, c’est une architecture impressionnante. Il a été classé au titre des monuments historiques en 1840.
L’appellation « Mur Païen » se retrouve pour la première fois dans la bulle papale que Léon IX a décerné à l’Abbaye de Hohenbourg en 1050. (païen parce que supposé construit à l’époque pré-chrétienne) ?
Un autre aspect du Mont Ste-Odile. Le plateau a la réputation d’être un lieu avec des ondes bénéfiques ; sur notre parcours, près de la Roche du Panorama, il y aurait un champ vibratoire intense. Mais le Mont St -Odile est avant tout un lieu de spiritualité.
Celtes, romains, mérovingiens ont fréquenté ces lieux, aujourd’hui pèlerins et touristes en grand nombre (un peu trop). Il est l’un des sites les plus visités de l’Alsace.
Un peu d’histoire … et de légende … Adalric, nommé aussi Etichon, est le 3e duc d’Alsace. Il est puissant ; par mariage et alliance, il est au plus près du pouvoir royal franc. Odile, naît en 662 à Obernai, aveugle. Le duc rentre dans une rage folle, la rejette et ordonne qu’on la tue. Son épouse la confie alors à un monastère, nommé Balma, qui serait Baume-les-Dames dans le Doubs. Là elle est baptisée à l’âge de douze ans par deux moines, recouvre la vue et reçoit le nom d’Odile « fille de la Lumière ».
Le comte Huges, fils du duc, défend la cause de sa sœur et demande à son père le retour d’Odile à Hohenbourg. Ce qu’il fait contre son gré, mais voyant Odile gravir les pentes du Mont, dans un excès de fureur, Adalric tue le jeune comte, son fils. Regrettant amèrement son geste, il accepte de recevoir sa fille ; il veut la marier, mais elle refuse. Alors elle s’enfuit jusqu’en Forêt-Noire, poursuivie, elle frappe un rocher qui s’ouvre devant elle pour la protéger. Le duc cède et finit par lui attribuer le site de Hohenbourg où elle fonde un monastère. Elle meurt en 720. Sainte Odile est la patronne de l’Alsace.
38 participants – 9 km - dénivelé positif 81 m dénivelé négatif 89 m
Texte : Berthe
Photos : Suzy
PS : Très touchée par cette marque de sympathie, Berthe remercie chaleureusement tous les participants à la sortie qui ont signé la carte du Mont Sainte qu'ils lui ont adressée.
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