C‘est en respectant le dicton (avril ne te découvre pas d’un fil) que notre groupe de 23 âmes partit d’Urbeis par la fraîcheur matinale. Village de montagne blotti au fond de la vallée du Giessen il s’étire sur 2km. Au XIVème siècle, le village et son château du Bilstein sera détruit lors de la guerre de 30 ans, reconstruit il se repeuple dès la fin du XVIIe siècle et les nouveaux arrivants amènent leur patois et le style des maisons vosgiennes dont nous vîmes quelques beaux exemples dans le bas du village.
Village d’agriculture et de forêt, Urbeis a également un important passé minier du XVIème siècle jusqu’en 1928.
Après avoir déambulé dans le village nous attaquâmes les premières pentes qui nous menèrent jusqu’à la mine Théophile qui daterait du XVIème et qui fût creusée à la pointerole et au marteau avec des galeries exceptionnelles pour l’époque atteignant 4m de hauteur. Nous passâmes au-dessus de la mine devant le puits de la galerie d’aération qui permettait aux mineurs d’œuvrer un peu plus sereinement. Un bon kilomètre nous amena au château du Bilstein Lorrain pour un pause au soleil avec un beau panorama sur la vallée de Villé avec au loin le Haut Koenigsbourg et le rocher du Coucou. Il fût la propriété des Habsbourg en 1250 puis cédé à l’évêque de Strasbourg en 1315. Le château reçut le coup de grâce lors de la bataille de Nancy en 1477 où l’artillerie strasbourgeoise le bombarda. Bien restaurée notre troupe repartit pour une longue ligne droite qui nous amena au village du Climont au pied du mont du même nom. La fraîcheur matinale fit place à de bonnes suées au fur et à mesure que nous gravîmes les fortes pentes de la montagne. Nous arrivâmes sur un petit replat nous offrant un superbe panorama du côté nord sur les 2 Donons, le rocher de Mutzzig et au Nord Est l’Ungersberg.
Une dernière montée sur un beau et étroit chemin rocailleux que nous foulâmes dans la neige nous amena à la partie sommitale de la randonnée, au pied de la tour Julius à 965m. Nous fîmes une pause déjeunatoire au frais (-1°c) avec des moments ensoleillés nous réchauffant et nous faisant oublier que nous étions dans la neige. Une montée au sommet de la tour nous offrit un panorama à 360° voyant à l’ouest le parc éolien du plateau de Belfays situé sur la commune de Saales.
La tour fût construite en 1898 par le club vosgien de Strasbourg en l’honneur de Julius Euting président cofondateur de la fédération du club vosgien.
Le Climont donne naissance à plusieurs ruisseaux dont la Bruche et le Giessen.
Les légendes associent le Climont aux célibataires, aux personnes esseulées ou solitaires, à défaut aux groupes en rupture de ban. Moines et religieux, notamment les anabaptistes, ont vécu sur les flancs de cette caeli montes (ou montagne qui s'isole dans le ciel) selon les anciens montagnards. Selon certains mythes, des êtres magiques, des esprits, des herbes, des arbustes et des arbres, s'y sont implantés. Paradoxalement, un grand nombre de ces créatures solitaires encouragent l'union et la rencontre amoureuse. Les herbes récoltées à la Saint-Jean auraient été les philtres d'amour de Tristan et Iseult.
Ne pouvant vérifier ces dires nous reprîmes notre chemin pour une descente côté sud jusqu’au village du Climont avec de nouveaux panoramas sur le massif de l’Ormont (au-dessus de St Dié) entre autres.
De retour au village où nous fîmes une pause sous le soleil tout en découvrant un panneau établit par l’ONF décrivant le cycle de vie des arbres. Nous prîmes la direction du col d’Urbeis traversant la belle forêt de Colroy-Lubine. Le col d’Urbeis faisait partie des endroits stratégiques durant les deux dernières guerres. Il fût une frontière entre 1873 et 1918 où la douane allemande occupait la dernière maison d’Urbeis. De 1940 à 1944 beaucoup de passeurs permirent à des milliers de personnes de fuir le territoire allemand et rejoindre la France.Une stèle au col rappelle ces évènements et un sentier de la résistance et de la liberté à été créé reliant le col d’Urbeis au col de Noirceux sur une distance de 10km et reprenant le tracé de l’ancienne frontière.
Un dernier tronçon passant par le haut d’Urbeis nous permit de rejoindre notre parking de départ après un périple de 21km pour un dénivelé de 750m avec une météo plutôt clémente un bon groupe et notre nouvel ami quadrupède, Pixel.
Photos : Jean & Jean-Pierre
Texte & Guide du jour : Jean-Pierre
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