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L'actualité du club vosgien de Colmar

C’était le mercredi 16 juillet, au départ de Ste Marie aux Mines, avec les randonneurs

Publié le 22 Juillet 2025 par Club vosgien Colmar in Randonneurs

Un peu plus de 20km et 850m de dénivelé attendent les 19 randonneurs au départ de Ste Marie aux Mines, au cœur du Val d’argent, entre Alsace et Lorraine

Sainte Marie compte environ 5.000 habitants, mais en a compté plus de 12.000 à la fin du 18ème siècle. Sainte Marie est une bourgade riche d’histoire et de patrimoine. Notre rando va nous permettre de découvrir ou de rappeler l’histoire minière, textile et malheureusement militaire de Ste Marie et du Val d’argent.

Nous débutons la journée par le sentier des mines et ses panneaux explicatifs. Nous nous dirigeons jusqu’à une ancienne entrée de mine. Les mines sont aussi repérables par la proximité de «halde» dépôt de déblais de quelques m3 à plusieurs milliers de m3.

Puis en direction du Chaume de Lusse, nous atteignons le refuge Robinot pour une pause devant ce magnifique chalet, rénové avec succès par les élèves d’une classe Forêt du lycée Louise-Weiss de Ste Marie. La source du Robinot était utilisée pour l’approvisionnement crucial en eau du front en temps de guerre.

Nous reprenons les sentiers pour le rocher et le Château de Faîte. Ce château, construit par le duc de Lorraine Thiebault en 1311 a été totalement détruit sur ordre de Louis XIII durant la guerre de Trente Ans. Il n’en reste donc que peu de choses… Puis nous amorçons la descente raide vers le col de Ste Marie. Le col de Sainte-Marie-aux-Mines a été, depuis la préhistoire, un lieu de passage très fréquenté. Durant le moyen-âge, le col est un passage obligé entre la Lorraine et l'Alsace. Il fera l'objet d'un péage. Allemand après 1870, le col est pris par les Français mi aout 14 avant d’être repris par les Allemands durant le même mois. Nous contemplons l’imposante borne frontière allemande avant de tirer notre repas du sac.

En évitant les gouttes de pluie, nous montons vers le Labyrinthe par le no man’s land en longeant la ligne de front. Le Labyrinthe tire son nom du réseau de galeries souterraines (les sapes) utilisées par les belligérants pour placer des charges d’explosifs sous les tranchées adverses. Dans cette même zone Labyrinthe - Tête du Violu, les armes chimiques ont été également utilisées pendant une année. Les 2 «techniques» ont été rapidement abandonnées par manque d’efficacité.

La montée se poursuit jusqu’à la Tête du Violu, à 993m, point le plus haut de la randonnée. En novembre 14, les Français se sont rendus maîtres de ce point culminant stratégique. Les positions ne bougeront plus sur ce front jusqu’à la fin de la guerre (guerre de position).

Nous descendons jusqu’au carrefour de l’Arbre de la Liberté. Le premier Arbre de la liberté fut planté en 1918 par les américains pour symboliser la libération de l’Alsace. Ce chêne américain se pare de magnifiques teintes rouge-orangé en automne. Pensez à y revenir !!  Un magnifique abri et la stèle commémorative de la prise de la Tête du Violu sont également situés sur ce carrefour.

Nous suivons alors le chemin des abris, ponctué d’ouvrages bétonnés allemands (cantonnements, abris, funiculaire, maréchal ferrant, transmissions…). Nous faisons une pause à la gloriette située en contrebas du chemin pour profiter d’une vue imprenable sur la vallée de Sainte Marie et Echery, avant de reprendre la marche pour rejoindre notre point de départ.

Les curieux trouveront ci-dessous des informations utiles et passionnantes au sujet de notre ville de départ et du Val d’argent, ainsi que sur des curiosités émaillant la randonnée.

Histoire et patrimoine

La création du prieuré de Lièpvre en l’an 762, puis du monastère d’Echery vers 938, marquent la colonisation de Sainte-Marie-aux-Mines et de sa vallée. Des noyaux de population (Welsches) se fixent dans la région et défrichent la forêt sous la direction des religieux. Ils développent l’agriculture et colonisent progressivement le Val d’Argent et la vallée de la Lièpvrette en direction du SO, partie la plus enclavée.

Attribuée aux moines d’Echery, la découverte des filons argentifères au 10e siècle suscite les convoitises du Duc de Lorraine, qui impose son protectorat aux deux prieurés et suivra les recettes de près.

Sainte Marie aux Mines : une cité minière

Au cœur des montagnes vosgiennes, Sainte-Marie-aux-Mines se situe sur un important réseau de failles géologiques, où se sont concentrés des minéraux suite à l’érosion et leur transport par l’eau. Ces filons seront exploités par l’homme. Entre l’an 938 et 1940, plus de 1100 mines au total furent creusées à Sainte-Marie-aux-Mines et ses environs, cumulant près de 300 km de galeries creusées. Sur les 150/170 variétés minérales découvertes dans nos montagnes, l’homme exploita essentiellement les minerais d’argent, de plomb, de cuivre, de cobalt, de barytine et d’arsenic.

L’histoire de l’activité minière ne fût pas un fleuve tranquille. Abandonnée au 14ème siècle, la mine connaît toutefois son apogée à la fin du 15ème siècle grâce à l’arrivée de 3000 mineurs de Saxe et de Bohème, et l’introduction de nouvelles techniques d’exploitation et d’évacuation des eaux dans les puits. L’activité décline à partir de la fin du 16ème siècle avec l’épuisement des filons et la concurrence sud américaine.

Un patchwork religieux

Au 15/16e siècle, l’immigration des mineurs allemands vers le Val d’Argent provoque de profonds changements, et accroit les contrastes entre le côté lorrain et le côté alsacien. Si la partie lorraine reste catholique et francophone, le versant alsacien devient majoritairement germain et luthérien.

En 1693, des anabaptistes suisses expulsés des cantons de Berne et Zurich arrivent dans le Val d’argent. Jacob Amann crée son propre groupe – les Amish – à Sainte-Marie-aux-mines, en réaction au relâchement des mœurs de la communauté anabaptiste locale. Sa communauté se distingue par un costume identique pour tous les membres, la pratique du dialecte bernois et la volonté de vivre à l’écart de la société civile. Toutes ces communautés religieuses cohabitent ensemble dans une certaine tolérance, chacune disposant de son propre lieu de culte.

L’apport des anabaptistes pour les techniques et le développement de l’agriculture de montagne fut crucial pour les progrès apportés aux populations locales.

Rattachée au royaume de France depuis 1648, la seigneurie des Ribeaupierre se voit cependant imposer la création d’une paroisse catholique à Sainte Marie Alsace Au 19e siècle, une communauté juive s’organise à Sainte-Marie-aux-Mines, puis deux communautés musulmanes au 20e siècle.

L’essor textile, Sainte Marie aux Mines, la ville aux 100 fabriques

Sur la fin de l’apogée de la mine, le textile prend le relais.

Le Val d’Argent dispose d’une main d’œuvre qualifiée, de l’eau non calcaire et d’infrastructures héritées de la période minière (canaux industriels), facilitant sa reconversion dans le textile. Bonnetiers, passementiers et drapiers s’y installent donc dès le 16ème siècle.

En 1755, le mulhousien JG Reber s’installe à Sainte-Marie-aux-Mines et maîtrise en quelques années toutes les étapes de fabrication du tissu. Après avoir créé des teintureries et des filatures, il développe l’activité du tissage en ayant massivement recours au travail à domicile. Cette organisation du travail est avantageuse pour le patron, car elle ne nécessite pas de gros investissements immobiliers et limite le risque de grèves par la dispersion des ouvriers jusqu’à 50 km autour de Sainte-Marie-aux-Mines.

Au milieu du 19e siècle, on dénombre 150 entreprises textiles sur l’ensemble du Val d’Argent, dont une centaine de fabriques sur la seule ville de Sainte-Marie-aux-Mines. Elles forment un ensemble complet comprenant des filatures, des teintureries et blanchisseries, des tissages, des manufactures d’impression sur étoffes ou d’apprêts, faisant vivre près de 20.000 personnes au total !

Sainte Marie aux Mines : une commune forestière

Sainte-Marie-aux-Mines dispose aujourd’hui d’une forêt de près de 3000 hectares, qui fait d’elle la première commune forestière d’Alsace dont la forêt est entièrement située sur le ban communal. Sa surface a évolué au fil du temps et des activités humaines.

Une position sur la ligne de front durant la 1ère guerre mondiale

Avec une guerre de position et une frontière située au col, Sainte-Marie-aux-Mines et Lièpvre sont des villes du front et hébergent 10 à 15.000 combattants allemands pendant toute la durée du conflit.

Les Allemands fortifient la ligne de crêtes en aménageant un réseau complexe de défense, mêlant blockhaus, tranchées, cantonnements et transports militaires de montagne.

Les Français, dans une logique de déplacement, construisent des défenses «plus légères».

La 2ème guerre mondiale : Durant la 2nde guerre mondiale, c’est le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines qui est transformé en usine souterraine de guerre par les nazis. Près de 2000 déportés slovènes y travaillent et sont stationnés dans un camp annexe du Struthof.

Texte : Jérôme

Photos : Rita, Jérôme, Guy

C’était le mercredi 16 juillet, au départ de Ste Marie aux Mines, avec les randonneurs
C’était le mercredi 16 juillet, au départ de Ste Marie aux Mines, avec les randonneurs
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